Le tribunal administratif du district d'Odessa a rendu une décision très médiatisée dans une affaire relative à l'imposition des revenus provenant de la plateforme OnlyFans. Iryna Fabrika, résidente locale, a perdu son procès contre le Service national des impôts, qui lui réclamait plus de 400 000 hryvnias d'impôts et d'amendes pour revenus étrangers non déclarés.
D'après les éléments du dossier, l'inspection s'est fondée sur des informations transmises au service fiscal ukrainien par ses homologues britanniques. C'est au Royaume-Uni que Fenix International Ltd, propriétaire de la plateforme OnlyFans, est enregistrée.
Selon les autorités britanniques, entre 2021 et 2022, la ressortissante ukrainienne a perçu plus de 54 000 dollars grâce à la création de contenu. Les documents fournis contenaient des informations détaillées, notamment ses données d'identification, ses adresses électroniques et des informations sur ses transactions. En particulier, des centaines de transactions financières ont été enregistrées en une seule année.
L'administration fiscale a demandé des explications sur l'origine des fonds et des déclarations, mais n'a reçu aucune réponse concrète. Un contrôle documentaire a ensuite été mené, sur la base duquel les obligations fiscales ont été établies.
La dette totale s'élevait à plus de 427 000 hryvnias. Sur ce montant, environ 385 000 hryvnias représentaient l'impôt sur le revenu et les amendes, plus de 32 000 hryvnias le service militaire et environ 10 000 hryvnias des sanctions supplémentaires pour non-présentation de documents.
La plaignante a tenté de contester ces accusations devant les tribunaux. Sa défense a fait valoir que les informations provenant du Royaume-Uni ne pouvaient être considérées comme une preuve suffisante en l'absence de relevés bancaires ou de confirmation du dépôt de fonds sur des comptes en Ukraine.
Cependant, le tribunal a donné raison à l'administration fiscale. La décision stipule que l'Ukraine participe à l'échange international de renseignements fiscaux et que, par conséquent, les données officielles reçues des autorités étrangères ont force de loi. Le détail des revenus fourni par la partie britannique a été jugé suffisant comme preuve pour le calcul des impôts.
La seule victoire partielle obtenue par le plaignant fut une légère réduction de l'une des amendes, due à une erreur technique de calcul. Le montant principal des impôts dus, supérieur à 418 000 hryvnias, demeura quant à lui inchangé.
Cette affaire fait jurisprudence pour le marché ukrainien des revenus numériques. Elle démontre que, grâce à l'échange automatique international d'informations financières, il devient de plus en plus difficile de dissimuler des revenus sur des plateformes étrangères et que les autorités fiscales disposent de moyens toujours plus importants pour contrôler ces revenus.

