Dans le procès d'Evhen Pavlyshyn, accusé du meurtre d'une femme dans son propre camp, la défense des victimes se heurte à de nombreux obstacles. Elle n'a notamment pas obtenu le changement de juridiction ni la récusation du juge. Les arguments relatifs à la possible partialité du tribunal de district de Volodymyretskyi et à ses liens avec le père de l'accusé sont systématiquement ignorés. Cette situation est confirmée par les décisions publiées au Registre des décisions de justice.
La défense de la fille du défunt souligne que le père d'Evhen Pavlyshyn, Pavlo Pavlyshyn, a dirigé la centrale nucléaire de Rivne pendant de nombreuses années, avant d'occuper le poste de premier adjoint au maire de Varash. Ce poste avait été créé spécialement pour lui. L'administration municipale de Varash se situe dans le village de Volodymyrets, où siège le tribunal saisi de l'affaire de son fils. Par ailleurs, Pavlo Pavlyshyn a intenté de nombreux procès contre Energoatom devant ce même tribunal, tous examinés par le même juge. Ce dernier est actuellement en charge du dossier du meurtre d'Evhen Pavlyshyn. Les tentatives de récusation ont échoué.
Les avocats des victimes insistent sur le fait que le juge a déjà un avis préconçu sur les circonstances entourant Pavlyshyn père, ce qui pourrait nuire à l'objectivité de l'affaire. Par ailleurs, la position de Pavlyshyn au sein de l'administration municipale pourrait lui conférer une influence supplémentaire sur le pouvoir judiciaire de Volodymyrka. Le tribunal rejette ces arguments.
La défense a également tenté de transférer l'affaire devant le tribunal municipal de Kouznetsov, dans la région de Rivne, mais les juges du tribunal de Volodymyretsk ont rejeté cette demande.
L'incident à l'origine des poursuites pénales s'est produit en 2022 au centre de loisirs de Kholodok, dans le village de Rudka, district de Vara. Selon l'enquête, Yevhen Pavlyshyn a agressé deux femmes qui louaient une maison dans son centre. La plus âgée, une mère de 64 ans, est décédée plus tard à l'hôpital des suites de ses blessures. Initialement qualifiée de meurtre avec préméditation, l'affaire a ensuite été requalifiée en agression.
Les avocats des victimes ont dénoncé à maintes reprises les tentatives des Pavlyshin pour se soustraire à leurs responsabilités, les pressions exercées sur les forces de l'ordre et les tribunaux, ainsi que leurs efforts systématiques pour étouffer l'affaire. Cependant, malgré de nombreuses déclarations publiques, la justice reste inflexible et la procédure s'éternise.

