Être actif le soir et la nuit peut nuire gravement à votre santé. Une vaste étude menée auprès de centaines de milliers de personnes a démontré que les adultes ayant un chronotype vespéral, aussi appelés « couche-tard », présentent un risque significativement plus élevé de développer des complications graves, voire mortelles, que ceux qui ont un rythme de vie matinal.
Des scientifiques ont analysé les données de plus de 320 000 adultes âgés de 39 à 74 ans. L’objectif de l’étude était de déterminer comment le chronotype d’une personne — sa tendance à être active le matin ou le soir — influence l’état de son système cardiovasculaire et sa santé globale à long terme.
Les résultats se sont avérés décevants pour les personnes ayant un mode de vie nocturne. Comparées aux personnes matinales et à celles ayant une activité physique modérée, les personnes nocturnes présentaient un risque significativement plus élevé de mauvaise santé cardiovasculaire globale. De plus, leur risque de subir un infarctus ou un AVC au cours des 14 prochaines années était significativement plus élevé.
Afin d'optimiser la précision des résultats, les chercheurs ont pris en compte des facteurs clés pouvant influencer la santé, tels que l'alimentation, le poids corporel, le niveau d'activité physique, la pression artérielle, le taux de cholestérol et d'autres paramètres médicaux. Malgré la prise en compte de ces données, l'impact négatif du sommeil en soirée est resté significatif.
Les experts soulignent que le problème ne se limite pas à l'heure d'endormissement. Le chronotype vespéral s'accompagne souvent d'un mode de vie qui accroît les risques. Selon eux, les personnes ayant un rythme de vie nocturne ne sont pas nécessairement de nature plus fragile, mais elles sont plus susceptibles d'adopter des comportements néfastes pour la santé.
L'étude a révélé que les activités en soirée sont souvent associées au tabagisme, à la consommation d'alcool, à une alimentation déséquilibrée, aux grignotages tardifs et à un manque de sommeil chronique. L'ensemble de ces facteurs impose un stress supplémentaire au cœur et aux vaisseaux sanguins.
Outre les risques cardiovasculaires, un mode de vie nocturne est associé à une probabilité accrue de développer une dépression, un diabète, une démence et d'autres troubles mentaux et cognitifs. Les personnes qui se couchent tard présentent également un risque accru de décès prématuré.
Le seul point positif inattendu a été que les personnes se levant le soir ont obtenu, en moyenne, des résultats légèrement supérieurs à ceux des personnes se levant tôt aux tests cognitifs. Cependant, cet effet n'a pas compensé les risques sanitaires globaux.
Pour réduire les risques pour le cœur, le psychisme et l'état général du corps, les experts conseillent d'adapter progressivement sa routine quotidienne et d'essayer de se coucher au plus tard à une heure du matin.

