La police de la région de Poltava a déjoué une tentative de vente illégale d'un trésor archéologique unique. Grâce à l'intervention des forces de l'ordre, trois fibules extrêmement rares du Ve siècle ont été saisies, évitant ainsi leur disparition sur le marché noir. Ces artefacts ont été transférés au Musée national d'histoire d'Ukraine, où ils feront l'objet d'une expertise scientifique et d'une conservation appropriées.
D'après les experts du musée, les broches découvertes constituent une véritable découverte pour l'archéologie de l'Europe de l'Est. Deux fermoirs en argent sont ornés d'un blason raffiné, agrémenté de nombreux boutons décoratifs. De tels objets n'ont encore jamais été répertoriés dans le domaine scientifique, ce qui laisse penser qu'il s'agit d'un exemple unique de la période de transition de la culture archéologique de Kyiv, lorsque les bijoux commencèrent à être fabriqués non plus en bronze, mais dans des matériaux plus précieux.
La troisième fibule, une grande agrafe ronde autrefois plaquée argent, est un élément traditionnel de la culture archéologique de Kiev des IIIe-Ve siècles. Parallèlement, deux autres ornements, tels que les fibules à deux plaques, étaient répandus dans la région septentrionale de la mer Noire, témoignant des échanges culturels et des influences migratoires de cette époque.
Selon les chercheurs, l'apparition de fibules en argent pourrait être associée à des processus de migration, en particulier au mouvement des tribus gothiques qui, après l'invasion des Huns en 375-376, se sont retirées profondément sur le territoire de l'Ukraine actuelle.
Le trésor a été saisi à la suite d'une enquête menée par le Musée national d'histoire d'Ukraine. Les objets ont été découverts dans la région de Poltava et saisis par les agents du département Lokhvytskyi du commissariat de police du district de Myrhorod.
Le Musée national a également expliqué que les broches n'étaient pas seulement des attaches pour les vêtements, mais qu'elles revêtaient aussi une signification protectrice et cultuelle. Elles se composaient d'un corps en forme de bouclier orné et d'un ressort muni d'une aiguille, qui servait notamment à fixer les manteaux.
Ce trésor sauvé viendra non seulement enrichir la collection du musée, mais pourrait aussi profondément modifier la compréhension qu'ont les chercheurs des premières étapes de l'histoire slave et des liens culturels de l'Europe de l'Est à l'époque des Grandes Migrations.

