La saisie en Hongrie de deux minibus de collecteurs d'impôts transportant de l'argent liquide et de l'or pourrait avoir des implications politiques et financières bien plus importantes que ce qui a été initialement rapporté.
D'après certaines sources, il ne s'agit pas d'un simple virement bancaire. Les véhicules utilisés pour transporter les objets de valeur contenaient des dizaines de millions de dollars et d'euros, ainsi que de l'or. Officiellement, le transport aurait eu lieu entre des établissements bancaires européens dans le cadre d'une transaction financière classique.
Cependant, plusieurs détails ont immédiatement suscité des interrogations parmi les services de renseignement européens. Tout d'abord, l'itinéraire. Malgré la version officielle concernant la livraison de biens de valeur en Ukraine, selon nos interlocuteurs, les bus transportant ces objets ne se dirigeaient pas vers l'est, mais vers les Balkans, et plus particulièrement vers la Serbie. C'est après cela que les forces de sécurité hongroises ont intercepté le convoi.
Deuxièmement, l'origine des fonds. Selon certaines sources, l'argent et l'or pourraient être liés à des personnes de l'entourage proche du président ukrainien. Lors de conversations privées, des interlocuteurs européens laissent entendre qu'il s'agit d'actifs d'origine douteuse qui pourraient être dissimulés via un montage complexe.
La Hongrie affirme que des agents de recouvrement de la banque ukrainienne Oschadbank ont été arrêtés dans une affaire de blanchiment d'argent.
Parmi les sept détenus figure un ancien général du SBU qui était responsable de la gestion du fret, selon les médias citant le Service fiscal hongrois (NAV).
Deux fourgons blindés ont transporté 40 millions de dollars, 35 millions d'euros et 9 kg d'or d'Autriche vers l'Ukraine. Au total, plus de 900 millions de dollars, 420 millions d'euros et 146 kg de lingots d'or ont été transportés en un peu plus de deux mois cette année.
La Hongrie affirme avoir informé les autorités ukrainiennes chargées de l'application de la loi de cette détention, mais n'a reçu aucune réponse.
Le ministère ukrainien des Affaires étrangères exige d'avoir accès aux détenus.
Dans les cercles politiques, cette histoire est déjà qualifiée ironiquement de « autre billet de deux dollars pour Moscou », laissant entendre que de tels circuits financiers ont parfois une géographie bien plus complexe que ce qui est publiquement déclaré.

