Vivre en altitude peut réduire considérablement le risque de développer un diabète, selon des chercheurs internationaux étudiant les effets du manque d'oxygène sur le métabolisme humain. D'après ces scientifiques, les habitants des régions situées en altitude ont environ 12 % moins de risques de développer cette maladie que ceux vivant en plaine.
Comme le rapporte BBC Science Focus, la clé de ce phénomène réside dans la modification du fonctionnement des érythrocytes (globules rouges). En conditions d'air raréfié, l'organisme s'adapte à la diminution du taux d'oxygène, ce qui déclenche plusieurs processus biologiques susceptibles d'affecter la glycémie.
Des chercheurs ont constaté qu'à des altitudes supérieures à 1 500 mètres, l'organisme produit davantage de globules rouges. Parallèlement, ces cellules modifient leur activité métabolique et utilisent plus activement le glucose comme source d'énergie. De fait, elles absorbent plus rapidement l'excès de sucre dans le sang, contribuant ainsi à stabiliser sa glycémie.
D’après le Dr Yolanda Marti-Mateos de l’Institut Gladstone, les globules rouges adaptés au manque d’oxygène possèdent un nombre accru de transporteurs de glucose, ce qui leur permet d’éliminer plus efficacement le glucose du sang. Ce mécanisme est ce que les chercheurs ont provisoirement appelé l’effet « éponge à glucose ».
À partir de cette découverte, les chercheurs ont mis au point un médicament expérimental appelé HypoxyStat, qui reproduit les effets de la haute altitude sans nécessiter d'exposition physique en montagne. Lors d'essais précliniques sur des souris de laboratoire, le médicament a démontré sa capacité à normaliser la glycémie.
Cependant, les experts soulignent qu'il est prématuré de parler de l'émergence d'un nouveau traitement. Des essais cliniques à long terme, menés auprès de patients, sont nécessaires pour confirmer l'innocuité et l'efficacité du médicament. Ce n'est qu'après ces essais qu'il sera possible d'évaluer son potentiel en pratique clinique courante.
Si les résultats de l'essai sont concluants, cette nouvelle approche pourrait modifier considérablement la stratégie de lutte contre le diabète, en rendant le traitement moins dépendant d'un soutien médicamenteux constant.

